Communication Non Violente : les fondamentaux

Communication Non Violente

La situation ci-dessus vous semble familière ?
Vous êtes-vous déjà surpris à fuir une discussion par crainte de vous emporter ?
Vous arrachez-vous les cheveux en ce moment même pour trouver le moyen d’exprimer à quelqu’un ce que vous ressentez sans exploser ?

for-you

C’est au travers de la lecture de « Cessez d’être gentil, soyez vrai » de Thomas D’Ansembourg que j’ai découvert la Communication Non Violente. Véritable outil de développement personnel, elle permet de (re)découvrir avec humilité la communication et de ne plus se laisser dominer par nos émotions mais les appréhender avec à-propos et sérénité.

Voici donc, du bout de mes feutres, une présentation qui me tient à cœur de ce processus de communication.

 

Attaquer, fuir ou encaisser : 3 recettes pour échouer en communication

Voici trois méthodes pour réussir à échouer dans sa communication, notamment lorsqu’une conversation devient difficile.

situation-difficile

Attaquer

Première méthode : laisser son caractère sanguin et impulsif prendre le dessus et passer à l’attaque. Le ton monte, la colère l’accompagne souvent et chacun s’enferme alors dans son opinion, sans écouter l’autre. Il y a généralement escalade à la violence verbale et les mots dépassent les pensées (propos blessants, insultes, mensonges). L’issue n’est alors jamais gagnant-gagnant pour les deux protagonistes.
attaquer

Fuir

Face à cette violence, la 2ème méthode très répandue consiste alors à fuir l’opposition. « Oulà, fais comme tu veux ! ». L’un des deux protagoniste tourne alors les talons et refuse l’interaction. Il s’en va avec un goût amer en bouche faute d’avoir pu affronter le différend. Différend qui finira d’ailleurs par revenir sous une forme ou une autre puisqu’il n’a pas été traité.
fuir

Encaisser

Cousine de la fuite, la 3ème methode propose de faire face au conflit et de se concentrer uniquement sur la construction d’une issue favorable à la discussion et d’encaisser les coups. À la manière d’une éponge, nous gardons alors le surplus d’émotions difficiles (colère, peine,…) « à l’intérieur » en espérant voir le tout disparaître avec le temps…

Le temps fait donc son office, mais plutôt que d’estomper le ressentiment, il le sublime. Insomnies, pensées corrosives, stress : nous finissons par exploser en renvoyant tout notre mal-être sur notre interlocuteur, ou toute autre victime innocente qui se trouve être présente au mauvais endroit, mauvais moment.

Attaquer ou fuir : échec de communication

Résultat

Ces trois recettes ont trois points communs :

  • elles génèrent de la violence, soit envers soi, soit envers l’autre,
  • elles ne permettent pas de se comprendre
  • elles ne laissent que très peu de chance de trouver une solution satisfaisante au problème rencontré !

Face à ces échecs, la Communication Non Violente propose une alternative…

 

Revenir à soi avant de communiquer

« C’est pas moi, c’est les autres »

Bien souvent, nous estimons qu’avec tous les efforts que nous faisons, la difficulté à communiquer ne peut venir que de notre interlocuteur. Après tout, c’est lui qui est « égoïste », « borné » et surtout [insérez ici le qualificatif qui vous énerve le plus] !

Mais posons-nous les questions suivantes :

  • « Est-ce l’autre personne qui est égoïste, ou nous qui prenons mal son attitude et avons besoin de plus d’attention ? »
  • « Est-ce l’autre qui est borné, ou nous qui ne nous sentons pas compris et souhaitons l’être ? »

Finalement, la responsabilité de notre mal-être ne revient plus à l’autre mais bien à notre propre perception de ce qu’il fait ! Et tant mieux, car changer les gens est une chose bien plus difficile que modifier nos perceptions ! D’autre part, ne pas donner à l’autre la responsabilité de notre bonheur ou malheur est une base essentielle pour ne pas s’enfermer dans l’échec.

choix_monde_vs_perception

Sortir du tout noir ou tout blanc

Lorsque nous communiquons, nous le faisons donc avec nos croyances, jugements et préjugés sur l’autre. Et qu’ils soient vrais ou faux, ils nous aveuglent souvent sur le véritable malaise qui nous habite ! Nous dépensons alors une immense partie de notre énergie sur la question binaire « Qui a tort, qui a raison ? », alors que celle qui devrait nous occuper est : « Comment réussir à s’entendre et résoudre notre problème à deux ? ».

noir-blanc

Pour y arriver, tout l’objet de la Communication Non Violente est de parvenir à exprimer ce qui se passe en nous sans entrer en guerre contre notre interlocuteur. Et pour ça, nous devons déjà le comprendre nous-même !

L’accès difficile à nos sentiments

Le 1er challenge est de savoir détecter et reconnaître consciemment le sentiment qui nous assaille dans la situation problématique. Colère, tristesse, fatigue, peur, découragement… Il s’agit de mettre un mot derrière notre ressenti. 2ème challenge : parvenir à faire face à ce sentiment sans se laisser dominer par celui-ci !

Cette étape d’identification de notre émotion est essentielle car elle nous permet de quitter la réaction instinctive (attaque/fuite/encaissement) pour entrer dans la réponse adaptée par rapport à notre besoin réel.

passer du sentiment à la réponse adaptée

Les besoins dissimulés derrière les sentiments

Une fois que nous avons mesuré l’ampleur de notre sentiment, une question se pose : « Qu’est-ce qui provoque chez moi une telle réaction ? ». Évitons alors ici le piège qui consiste à renvoyer à nouveau à l’autre la responsabilité de notre sentiment ! Concentrons-nous plutôt sur la raison personnelle intime qui provoque ces sentiments. En Communication Non Violente, ce sont des besoins profonds insatisfaits que nous recherchons.

Par exemple si lorsqu’un de nos proches ne participe pas aux tâches ménagères (fait), nous ressentons de l’agacement (sentiment), notre besoin peut alors être d’avoir plus d’équité dans la réalisation de ces taches quotidiennes, d’être aidé, ou même de nous reposer. Par contre, le « besoin que l’autre passe l’aspirateur » n’en est pas un. Nous confondons fréquemment besoin et solution. C’est un des points qui nous amène d’ailleurs souvent au conflit : nous voulons généralement imposer immédiatement la solution idéale que nous imaginons… qui n’est pas forcément celle de notre interlocuteur !

solution-vs-besoin

C’est une fois le besoin compris par chacun que la recherche de solution peut commencer. Et parfois la solution pourra même être de subvenir nous-même à notre besoin !

 

Exprimer ce que nous vivons : Les 4 étapes de la Communication Non Violente

Le cheminement intérieur décrit précédemment nous permet de mieux comprendre notre fonctionnement et de traiter les causes réelles de nos problèmes plutôt que leurs symptômes.

Cependant, au delà de nous comprendre, nous souhaitons aussi et surtout réussir à expliquer à l’autre ce déroulé. Pour cela, voici ci-dessous une synthèse visuelle des 4 étapes clés de la Communication Non Violente.


Communication Non Violente - Infographie en tableau
Cliquer sur l’image pour la visionner en taille réelle

 

Ce déroulé (qui n’est pas sans rappeler la conversation structurée) offre une progression graduelle qui permet d’arriver à une recherche de solution en prenant en compte les besoins profonds de chacun. Il limite aussi les négociations de surface, ce qui le rend particulièrement efficace ! Vous pouvez vous procurer le poster de ces 4 étapes ici.

 

En conclusion

Depuis cette découverte de la Communication Non Violente, j’applique, trébuche et apprends chaque jour sur cet art de communiquer de manière authentique et positive. La route est difficile, mais les effets sont véritablement impressionnants !

Mon seul regret est de n’avoir pas commencé plus tôt cet entraînement de titan qu’est l’introspection émotionnelle et la recherche de besoins. Thomas d’Ansembourg préconise d’introduire cette discipline aux programmes scolaires. J’espère qu’un jour son vœu se réalisera ! En attendant, vous êtes équipés ! Bonne communication !

 

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Je suis convaincu que la communication est la base de tout succès ou échec dans nos vies. Et bien souvent, elle est le fruit d’une histoire, d’un environnement et du cadre qu’il impose… C’est l’origine de ma passion pour les 3 sujets de ce blog : communication, psychologie, sociologie.

4 réponses à “Communication Non Violente : les fondamentaux

  1. Bonjour,

    je découvre ce blog par ce très bon billet et ça me donne envie de parcours les autres articles.
    J’ai découvert la CNV il y a 4 ans par la lecture de « Les Mots sont des fenêtres » de Marshall Rosenberg et ça a été une véritable révolution dans ma manière de communiquer.
    Si ce n’est pas déjà fait, je te conseille de suivre les modules de base en CNV et de participer à un groupe de pratique, c’est extrêmement bénéfique pour faire vivre le processus et l’intégrer plus facilement et qu’il devienne fluide.
    A bientôt.
    Phil

    1. Merci Phil pour ce commentaire !

      Je pense depuis un moment à faire en effet ces modules de base en CNV. Je n’en ai pas encore eu l’occasion.

      En attendant, je pratique tous les jours en analysant une situation difficile avec le framework « faits > sentiment > émotion (ressenti corporel du sentiment) > besoin > demande à moi-même » dans un journal. Ça aide beaucoup pour s’habituer à l’appliquer au quotidien.

      Je n’ai pas eu l’occasion de lire Rosenberg. Je sais par contre que d’Ansembourg a fait éditer une version illustrée de « Cessez d’être gentil, soyez vrai » (https://www.amazon.fr/dp/2761938828/ref=cm_sw_r_awd_ykV2vbDM3TCHG). À voir !
      Et pour ceux pour qui la lecture est un frein, vous avez son livre audio qui constitue un très bon démarrage (https://youtube.com/watch?v=80F7qUGLNtQ)

      À bientôt !

  2. Bonjour,

    J’adore cet article. Je fais partie d’un groupe de ppratique en CNV et nous organisons le 25 septembre prochain le premier festival de la communication non violente. Me permettez vous de reprendre le scribing sur OSBD ? Pour aider à présenter la CNV à des non initiés ?
    Objectif de ce festival et de faire découvrir la CNV au plus grand nombre. Et de présenter les acteurs locaux formant ou pratiquant la CNV : thérapeute, médiateur, formateur, enseignant…

    Je vous remercie pour le travail que avez accompli sur ce blog.

    A bientôt

    Paule

    1. Bonjour Paule et merci pour ce commentaire !
      Je ne vois aucun problème à diffuser les ressources de mon blog, bien au contraire !
      Merci d’ailleurs pour votre action ! Notre société en a bien besoin !
      Où aura lieu votre festival ?

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